Introduction
La ville de Toulon abrite le premier port militaire
de la Méditerranée. La base navale
de Toulon est à la
fois un site industriel de premier plan, mais aussi un port de projection
d’importance majeure pour les intérêts de la France.
En effet, elle abrite 70 % de la flotte française, dont les
six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et le porte-avions "Charles
de Gaulle". Ces bâtiments ont pour particularité commune
de fonctionner avec une propulsion nucléaire. Avec
l’avènement du nucléaire, la propulsion
navale est entrée dans une nouvelle ère, caractérisée
notamment par une augmentation considérable de l'autonomie
des navires équipés d'une propulsion nucléaire.
Ainsi, si l’autonomie des bâtiments classiques est limitée à quelques
semaines par la capacité de leurs soutes à combustible,
celle des bâtiments à propulsion nucléaire peut
se compter en années, rythmées par les périodes
d'entretien indispensables au maintien à son plus haut niveau
de la disponibilité des installations nucléaires embarquées.
En effet, la maîtrise de cette technologie, si elle apporte
un avantage opérationnel considérable, nécessite
en contrepartie le respect d'exigences réglementaires et
techniques très strictes en matière de sécurité nucléaire,
identiques à celles mises en œuvre dans le domaine civil
(EDF, AREVA NC…). Et tout comme les autres acteurs dans ce
domaine, la marine, deuxième exploitant nucléaire
en France, est soumise à un contrôle permanent de ses
activités et de ses installations.
Pour la défense, cette mission de contrôle est confiée
au délégué à la sûreté nucléaire
de défense (DSND). Il est chargé d'étudier
et de proposer au ministre de la défense, la politique de
sécurité nucléaire applicable aux installations
et activités nucléaires intéressant la défense.
Dans ce cadre, le DSND dispose des moyens humains et matériels
spécifiques et peut s'appuyer sur des organismes experts
dont l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
(IRSN). Le DSND dispose également d'inspecteurs chargés
de vérifier la bonne application de la politique de sécurité nucléaires
dans les installations de la défense.
La marine, comme tous les
autres exploitants, doit démontrer à l'autorité de
sûreté que ses activités nucléaires n'ont
pas d'impact sur la population et l'environnement. Pour cela, elle
met en œuvre, sous l'autorité du préfet maritime,
une surveillance environnementale au sein de la base navale, mais également
dans un rayon de 25 km autour du site. Les résultats issus
de cette surveillance sont contrôlés par les autorités
de sûreté (civile et militaire) et rendues publiques.
Par ailleurs, elle doit également démontrer qu'elle
est capable, à tous moments, de mettre en œuvre les
moyens humains et matériels nécessaires pour mettre
en situation sûre en cas d'incident ou d'accident, les installations
nucléaires qu'elle exploite. Pour cela, elle met en œuvre
une organisation de crise et réalise régulièrement
des exercices de sécurité nucléaire.
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La Base navale de Toulon
Depuis 1599, la base navale de Toulon s’est développée jusqu’à regrouper
aujourd’hui 70% de la flotte française, elle est également
le premier site industriel du Var. En quelques chiffres, la base navale de Toulon
c’est :
- le 1er port militaire de Méditerranée : 2000 mouvements par an
de bâtiments français et étrangers en escale.
- le 1er site industriel et le 1er employeur du Var : 24 000 personnes travaillent
chaque jour au sein de la base navale, et 2 500 entreprises sous contrat.
Une telle activité nécessite un dispositif
de sécurité renforcé.
Ce haut niveau de sécurité est assuré par les services spécialisés
de la base navale (compagnie de protection, marins pompiers, laboratoires d'analyse
et de surveillance radiologique …). |
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Premier
site industriel du Var et
véritable poumon économique de
la région, la base navale crée
une activité socio-économique
durable autour de l'industrie navale. Environ
15 000 marins sont affectés en son sein,
sans compter les personnels du privé qui
concourent à l'entretien des bâtiments,
des personnels et des infrastructures, faisant
de ce port militaire le premier site industriel
du Var. Premier employeur du Var avec plus
de 20 000 personnels civils et militaires
(un habitant sur cinq de l'agglomération
Toulon Provence Méditerranée
est un marin ou civil de la marine), la marine
fait également vivre de nombreuses entreprises
grâce aux contrats passés notamment
avec le service de soutien de la flotte ou
le commissariat de la marine. Enfin, avec en
son sein des entreprises telles DCNS ou la
NAVFCO, installées à demeure,
la base navale de Toulon est au cœur du pôle
de compétitivité mer.
Ainsi, avec une superficie de seulement 7%
de Toulon, la marine injecte chaque année
plus d'un milliard d'euros dans l'économie.
A titre d'exemple, les achats alimentaires
représentent à eux seuls 17 millions
d'€ par an dont 80% proviennent de la
région et 50% du département.
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Port
de projection des forces françaises. C'est à partir
de Toulon que les forces de l'armée de
Terre sont déployées sur les théâtres
d'opérations extérieures. Ce fut
le cas par exemple avec le BPC Mistral, les
TCD Siroco et Foudre dans
le cadre de l'opération Baliste menée
pour le rapatriement des ressortissants français
et étrangers qui souhaitaient quitter
le Liban au cours de l'été 2006.
C'est également depuis la base navale
de Toulon que les navires de la marine marchande
affrétés par les armées
sont projetés vers les théâtres
d'opérations avec vivres et matériels.
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Acteur
de son environnement .
La mer est l'environnement de la marine. Acteur
premier de protection de l'environnement marin
avec notamment la prévention et la lutte
contre les pollutions, la marine s'inscrit dans
une démarche de développement durable
qui se traduit par une participation active au « contrat
de baie », à la certification
ISO 14001 du dépôt d'hydrocarbures
du Lazaret ou encore de la cuisine centrale de
la base navale. Cette dernière abrite
d'ailleurs deux laboratoires qui font référence
au sein des milieux civils et militaires : le
laboratoire d'analyse, de surveillance et d'expertise
de la marine (LASEM) et le service de surveillance
radiologique effectuent une surveillance constante
de l'environnement atmosphérique, terrestre
et marin dans un rayon de plusieurs dizaines
de kilomètres autour de Toulon.
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Une
ville dans la ville. La
base navale dispose de capacités de logement,
de restauration, de structures sportives, d'un
centre médical, d'équipes de protection
(gendarmes maritimes, fusiliers marins), de sécurité (marins
pompiers), de moyens portuaires (pilotage, remorquage,
lamanage), de moyens de transports nautiques
et terrestres, d'engins spéciaux, de service
de surveillance radiologique (SSR) et de l'environnement
(laboratoire de chimie), de maintenance (atelier
militaire de la flotte), d'administration des
personnels et matériels, d'un secteur
anti-pollution capable d'intervenir sur tout
le littoral méditerranéen sur ordre
du préfet maritime.
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Le
dispositif de sécurité
Une des préoccupations majeures de la marine est de garantir la sécurité nucléaire.
La surveillance exercée par les services spécialisés est
complétée par une politique
de prévention des risques.
La sécurité nucléaire
sur la base navale
La sécurité nucléaire sur la base navale de Toulon est
prise en compte à tous les échelons et pour toutes les activités
qui y sont menées. Elle repose sur des règles d’exploitation
qui définissent précisément les dispositions de mise en œuvre
et d’entretien des installations. Ces dispositions s’appuient sur
des démonstrations de sûreté établies lors de la
conception et de la réalisation des installations.
Par ailleurs le personnel impliqué dans la mise en oeuvre des installations
fait l’objet de formations et d’entraînements spécifiques.
Pour les navires, ces entraînements se déroulent sur des simulateurs
qui permettent de tester les réactions des opérateurs face à des
situations dégradées.
De plus, le commandant de la base navale s'appuie sur un officier de sécurité nucléaire
(OSN), qui s'assure qu'en permanence les mesures de sécurité nucléaire
sont respectées au sein de l'emprise.
Pour ce qui concerne la sécurité et la protection des installations
nucléaires, le commandant de la base navale dirige, sous l'autorité du
préfet maritime, les trois unités suivantes :
- le service de surveillance radiologique (SSR),
placé sous son autorité, composé de techniciens en radioprotection
;
- la compagnie des marins pompiers de Toulon ;
- le groupement des fusiliers marins (GFM) de la base navale et la compagnie
de gendarmerie maritime pour la protection et la défense du site.
Compagnie des marins pompiers de Toulon
Lors d'un évènement à caractère nucléaire
dans le port militaire, les marins pompiers interviennent pour secourir les
personnes et lutter contre les sinistres en zone contaminée. Ils disposent
pour cela de matériel et de tenues spécifiques ainsi que des
moyens de détection de la radioactivité. Ils travaillent en étroite
relation avec le service de surveillance radiologique (SSR) de la base navale
afin de bénéficier d'un soutien technique dans le domaine de
la radioprotection, ainsi qu'avec le centre médical de l'arrondissement
maritime, les gendarmes maritimes, les sapeurs pompiers de Toulon et le SAMU
83 Le commandant des marins pompiers ou son représentant assure la gestion,
sur le terrain, des équipes d'intervention grâce à un PC
mobile et rend compte au commandant de la base navale qui se situe au PC de
sécurité nucléaire. Il peut être amené à demander
le concours des sapeurs pompiers de Toulon pour renforcer son intervention
dans la zone sinistrée.
Groupement des fusiliers
marins (GFM)
La compagnie des fusiliers marins fournit le matériel et le personnel
nécessaire au bouclage de la zone contaminée (ou susceptible
de l’être) en complément des moyens de la compagnie des
gendarmes maritimes.
Compagnie de gendarmerie
maritime
La compagnie de gendarmerie maritime assure principalement le contrôle
des accès au port militaire de Toulon. Dans le cadre d’un accident
radiologique, elle assure le bouclage de la zone contaminée (ou susceptible
de l’être) et la régulation du trafic routier. Elle assure également
la collecte des premiers éléments nécessaires à l’enquête
judiciaire post-accidentelle.
La politique de prévention
des risques
La gestion de la coactivité au sein de la base navale est assurée
en permanence par un poste de commandement qui contrôle la compatibilité des
activités industrielles ou militaires qui s’y déroulent.
De plus, la prévention des risques est organisée au sein des
formations par le biais de réunion d’information et de concertation.
Ces réunions permettent de développer l’esprit de prévention
et de protection de l’ensemble des personnels.
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